Un long chemin
Lundi, 15 Mars 2010 00:00
Cette histoire extraordinaire nous a été racontée par une femme habitant Paris. Elle raconte :
C’était en 1985, j’étais mariée depuis plusieurs mois. Je me faisais déjà du souci car je n‘attendais pas d’enfant. Nous avons voyagé, mon mari et moi chez le Rabbi à cette époque. Là, mon mari part faire mivtsaïm dans un autre quartier de New York ( c’est à dire qu’il rencontre d’autres Juifs pour les entraîner à faire des mitsvot- mettre les téphilines par exemple ). Seule et un peu désemparée, je marchais dans les rues de Crown Heights, la tristesse s’était emparée de moi. Sans savoir où j’allais, je me retrouvais bientôt dans President Street, devant la maison qu’habitait le Rabbi. Je m’arrêtais alors et je sentis un regard posé sur moi, si puissant que je le ressens encore aujourd’hui, un regard qui m’observait si fort que je me mis à pleurer. En me retournant, je découvris le Rabbi dans sa voiture, accompagné de son secrétaire, c’était son regard que j’avais ressenti. Le Rabbi descend la fenêtre de la voiture puis avec un immense sourire m’encourage de la main plusieurs fois . Sans doute avez vous déjà vu ce geste sur des vidéos. Je ne sais pas ce qui m’a pris mais je me suis effondrée en pleurs. En fait, je sentais que le Rabbi avait ressenti tout ce qui se passait au plus profond de mon être.
Quelques mois plus tard, à l’occasion de Pourim, nous partons assister à un cours de Torah avec des amies lorsqu’au retour nous avons un grave accident de voiture. Heureusement, personne n’a rien de grave mais je me vois obligée de porter une minerve et je ne la supporte pas du tout. Je me rends alors chez mon médecin qui m’annonce, après m’avoir examinée, que les symptômes d’une hyperthyroïdie sont peut-être présents. Il me questionne :
- Avez-vous des enfants ?
- Non, pas encore.
- Peut-être est-ce dû à cette hyperthyroïdie présente. Nous devons faire de plus amples examens, mais si vous présentez effectivement une hyperthyroïdie, celle-ci empêche une grossesse. Nous devons installer un traitement et celui-ci ne vous permettra pas d’être enceinte, puis prévoir une intervention chirurgicale si les données médicales confirment.
Je sors, complètement déprimée comme vous pouvez l’imaginer, je sens mes forces me quitter et je n’ai aucune envie de me rendre à un mélavé malka organisé le motsae chabat suivant. Alors que j’en parle à mon époux, celui-ci répond :
- Bats toi, il n’y a que ces moments là qui nous permettent de retrouver des forces, vas à ce mélavé malka, ce sera bien !
Finalement, il réussit à me convaincre, je m’y rends et sans le lui dire je joue au goral (tirage au sort qui permet de gagner un billet d’avion pour aller chez le Rabbi, à New York) . A ma grande surprise, je gagne le goral !
Elle l’annonce à son mari qui lui suggère qu’il ne vaudrait mieux ne pas partir étant donné son traitement en cours. Je décide de demander l’avis de Rav Azimov. Sa réponse est éloquente :
- C’est là, la réponse du Rabbi. Tu dois partir !
Je décide de cesser immédiatement mon traitement et de partir pour New York. A un moment donné de mon voyage, les femmes se sont retrouvées dans l’entrée du bureau du Rabbi alors que celui-ci distribuait des pièces. Il s’arrête devant moi, me fixe et me dit en yiddish « une bonne santé ! ».
De retour à Paris, je retourne chez mon médecin à qui, bien sûr, j’avais caché mon départ et l’arrête de mon traitement. Les nouvelles analyses de sang en main, celui-ci s’exclame :
- Eh bien , le traitement agit très bien à ce que je vois.
De fait, je lui raconte que je reviens de New York , que je suis partie voir mon rabbi et que je n’ai pris les médicaments que pendant deux jours.
- Dans ce cas, dit-il, nous pourrons envisager l’absence d’intervention mais vous devez absolument continuer le traitement, pendant trois ans, ce qui signifie que vous ne pourrez pas avoir d’enfant pendant ce temps.
Je dois le revoir chaque mois après des prises de sang, je n’ai pas d’autre choix.
Chaque fois que je revenais le consulter, le médecin était surpris, les taux sanguins baissaient sans discontinuer, il n’avait jamais vu cela de sa carrière.
Puis, brusquement, alors que mon moral revenait au beau fixe, les taux sanguins remontèrent ce qui n’était pas bon signe. Alors même que j’envisageais enfin une grossesse !
Le médecin la prévint de nouveau :
- Vous voyez, c’était impossible, vos taux sont au delà de la normale, nous n’allons pas augmenter le dosage de votre traitement mais nous ne devons pas l’arrêter.
Je suis effondrée. Ce soir là, je dois me rendre à un cours de Torah donné par la sœur du Rav Azimov et j’y parviens à peine. Un goral est de nouveau tiré, je gagne ! Je décide de repartir chez le Rabbi, nous sommes alors au mois de Tichri.
Une amie qui m’accompagne me suggère de demander une bénédiction au Rabbi pour avoir un enfant. Je ne suis pas tellement d’accord au vu des circonstances, et dans la discussion qui s’enchaîne nous avançons. Je me retrouve alors face au Rabbi et en bafouillant, je demande :
- Je voudrais une bénédiction pour avoir un enfant.
Le Rabbi répond :
- Besourot tovot, bekarov mamach, (pour de bonnes nouvelles, vraiment très bientôt)
Le temps de mon mikvé était arrivé et je ne me sens pas la force, je m’y traîne quand même et la dame à l’entrée me demande :
- Vous avez des enfants ?
- Non, lui répondis-je.
Elle m’entraîne alors vers un autre bassin en me disant :
- Le Rabbi vient d’en sortir.
Lorsque je rentrais à Paris, le traitement faisait son effet, les taux dans mes analyses de sang étaient redevenus normaux, je tombais enceinte dans l’année. Au mois de Tichri suivant, mon mari partit chez le Rabbi, je ne l’accompagnais pas car ma grossesse était déjà fort avancée. Mon mari passe devant le Rabbi et lui demande une bénédiction pour que l'accouchement se passe bien. Le Rabbi lui répond :
- Amen. Chalom zah’ar.
J’ai accouché d’un garçon, bien entendu.



Zelda est née en 5749 (1989). A sa naissance, tout le monde remarqua ses grands yeux sans y attacher d'importance. Au cours de sa quatrième année, au gan, on remarqua son strabisme, nous avons pris rendez-vous et l’avons emmenée chez un ophtalmologue à Garges. Celui-ci nous confirma son strabisme qui se trouvait être d’une forme compliquée car ambivalent, notre fille avait effectivement les yeux qui roulaient dans tous les sens. Elle dut alors porter des lunettes aux verres très épais qui cachaient ses grands yeux noirs et qui la faisait ressembler à une grenouille. Son regard, agrandi par le prisme des verres rendaient ceux-ci globuleux. Dans notre famille, nous avions très tôt inculqué aux enfants de ne pas se moquer des autres, aussi ce ne fut pas un problème. Il en fut de même à l’école, tout se passait bien.
H. partit voir le Rabbi pour la première fois de sa vie en Février 1991. A cette époque, elle faisait téchouva en compagnie de tout un groupe de jeunes gens et de jeunes filles issus du même quartier de Paris. Son père souffrait d’un asthme terrible, les médecins n’arrivaient pas à le traiter et elle se souvient encore de ses crises la nuit lorsqu’il se réveillait, étouffé par la toux persistante, par la douleur. Cela retentissait également dans la journée sur son moral, il ne savait plus quoi faire.
L’histoire a commencé en 1990. Un soir, pour endormir les enfants, j’ai pris un livre d’histoires hassidiques et je leur lisais des histoires. C’était un petit livret, publié à Marseille et sur la quatrième de couverture, on pouvait y voir une photo de la levaia (enterrement) de la Rebbetzen Haya Mouchka, épouse du Rabbi Menahem Mendel Schneerson. Voyant cette photo, je n’ai pu un instant empêcher mes larmes de couler, un très court instant mais si plein d émotion ! Je me rappelle avoir pensé : « Sans sa femme, à présent, comme il doit se sentir seul ». J’entrais dans le salon où nous avions placé un très beau dessin au fusain du Rabbi. Je me tournais vers le portrait et demandais à D.ieu d’envoyer tout le réconfort possible au Rabbi puisque sa femme n’était plus à ses côtés.
Un jeune homme de la banlieue parisienne se trouvait à New York, chez le Rabbi et passant devant lui avec un groupe chlouhim (envoyés du rabbi dans le monde), il vit que le Rabbi tendait à chacun une bouteille de vodka mais ne s’aperçut aucunement que la bouteille en question était apportée par chacun et ainsi bénie par le Rabbi. Ingénument, lui aussi tendit la main. Le rabbi sourit puis lui donna une bouteille, en lui disant :
